On ne se baigne jamais deux fois dans le même fleuve

Malgré sa flotte de quelques avions seulement, Wijet dispose d’une très bonne couverture médiatique, alimentée par quelques scandales et des partenaires de premier rang.

Wijet devient partenaire d’Air France

Notre rencontre avec Air France date de septembre 2009 (seulement 1 mois après la création de Wijet). Le responsable des partenariats nous confiait alors que notre projet comptait parmi les intentions d’Air France ; mais crise oblige, ils avaient dû le mettre de côté.

(Ils pensaient que c’était impossible, alors ils ne l’ont pas fait…)

Nous avions cependant gardé contact pendant les années suivantes. Mais ce fut seulement en janvier 2014 qu’un contrat de partenariat fut signé. 1820 jours après notre première rencontre.

Cérémonie de signatures à Charles de Gaulle, champagne. Air France est une des plus grandes compagnies européennes, et Wijet ne dispose à cette date que de 4 avions.

Je le souligne lors du discours de remerciement : le CA annuel de Wijet, Air France le réalise en 2 heures…

Ce partenariat nous ouvre une presse immense, des articles en japonais sont faits sur Wijet, ainsi que dans toutes les langues, et tous les pays. Peu de temps après les premiers vols affluent.

Bonjour Monsieur le Président

En mai 2015, Nicolas Sarkozy voyage avec Wijet pour un trajet Paris-Le Havre (3200€).

Scandale : alors qu’il voyage en jet privé, les sympathisants de son congrès sont obligés d’acheter eux-même leurs sandwichs pour cause de restriction budgétaire (l’UMP affiche alors une dette de 70M€).

Le Petit Journal¹ fait ses choux gras de l’histoire en consacrant un reportage de 2 min à la comparaison du trajet en voiture ou avion. La pub est énorme.

Stéphane Soumier de BFM m’invite sur son plateau pour que je distingue entre différents cas, et que je les qualifie de : business nécessité ou bling-bling.

Auparavant, j’avais eu l’occasion de rencontrer Nicolas Sarkozy dans ses bureaux ; il reste une des personnes qui m’ont le plus impressionné, par son charisme, sa présence. Chaque fois qu’il voyageait avec nous, j’allais l’accueillir sur le tarmac, et il me disait :

Bonjour Monsieur le Président.

Je lui répondais “Monsieur le Président”, mais c’était déjà trop tard. Sa grande mémoire m’a marqué : il se souvenait de tout, des visages, des noms, des situations ; il allait serrer les mains de chaque gars de la sécurité avant de monter dans l’avion.

Devant un actionnaire, il me montre du doigt et leur dit : vous avez misé sur le bon cheval. Il sait flatter.

On aurait aimé qu’il prenne Wijet plus souvent. Je lui en parle ; il décline, avec une réponse d’anthologie :

LE Citation Mustang, c’est bien trop petit pour carla…

HEC, 42, le Salon des grands entrepreneurs

2015–2016, voilà plus de 6 ans que Wijet est créé.

Je me retrouve ainsi invité au salon des entrepreneurs, à pitcher mon projet dans le grand amphi. Hier, j’avais vu le gérant de Ventes privées, Jacques Antoine Grangeon, expliquer le concept de sa boîte. Maintenant, c’est à mon tour de me retrouver sur le devant de la scène.

Paul François Fournier, Senior Vice Président à la BPI (Banque Publique d’investissement), est assis à mes côtés. Je lui fais le pari que BPI financerait mon projet. Quelques mois plus tard, sa banque m’apportera son soutien pour mon Hôtel du Haut Marais ; et cela continue aujourd’hui, avec Blockchain studio.

HEC entrepreneurs m’invite aussi chaque année à raconter mon parcours, et c’est un grand plaisir pour moi que de cotoyer les étudiants, entrepreneurs en herbe, tous bouillonnants, super intelligents et pleins d’audace (même chose à 42, l’école de Xavier Niel, dont on peut revisionner ici la conférence).

La chance, ça se provoque

C’est lors d’une de ces conférences HEC, en fait, la toute première, qu’une étudiante se leva et me dit : mais en fait, t’es cocu ! Pour exprimer que j’avais été chanceux sur des points déterminants de mon histoire.

Je suis persuadé que la chance se provoque.

Quand je regarde en arrière, je réalise que tout ce qui m’est advenu de bon était le résultat d’une action de ma part : j’avais rendu service à quelqu’un, j’avais fait bonne impression,… Il y a un retour des choses.

Typiquement, lorsqu’on embauche un salarié, on ne sait pas ce qu’il va devenir. Entretenir de bonnes relations, traiter les gens de façon égalitaire, ont toujours été importants pour moi ; les gens rendent la pareille.

Un simple exemple : notre première levée de fonds a été difficile ; on s’accrochait aux investisseurs qui montraient l’envie de nous suivre. Je me rappelle de l’un eux, nous annonçant qu’il était prêt à mettre une somme conséquente dans l’aventure. Je le rejoins dans son bureau pour récupérer le Bon de Souscription ; il ne veut plus mettre que 1200€.

Cela me mit en colère, et j’aurais pu refuser. Avec du recul, cet homme m’a soutenu dans les moments délicats.

Mon retour à l’INSA

Mais l’événement le plus important fut mon retour à l’INSA en Février 2017, comme parrain de la promotion 2016.

Au moins pour deux raisons.

La première, bien sûr, c’était que je me retrouvais aîné, devant les étudiants dont hier je faisais encore partie. Devant un amphi de 1500 personnes, je fis part du grand enthousiasme qu’avaient représenté mes études à l’INSA. Je retraçais le parcours de Wijet avec un message : votre avenir est entre vos mains, osez, allez de l’avant, réinventez-vous, ne cherchez pas la gloire, mais restez humble, ayez confiance et réalisez vos rêves.

Une ode à l’entrepreneuriat. Les retours furent super positifs. La boucle était bouclée.

La deuxième raison, que moi seul connaissait parmi l’audience de l’INSA, c’est que je traversais alors une période très difficile avec Wijet. Un grand désordre était en train d’éclater, avant l’aboutissement de ma révocation, et cette conférence fut pour moi une bouffée d’oxygène.

Mais pour raconter comment Wijet en est arrivé là, il faut maintenant que je remonte un peu arrière, et que je descende dans l’enfer des mois qui ont précédé ce passage à l’INSA.



   


Cet épisode fait partie d’une série d’articles intitulée : “Ils ne savaient pas que c’était impossible, alors ils l’ont fait.” Retrouvez l’ensemble des épisodes en cliquant ici.


Notes

¹ Reportage du petit journal : https://www.dailymotion.com/video/x2ryl1c

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